Le théorème du "Je t'aime".

12:23



Je suis jalouse, et c'est bien banal, après tout, de ces filles qui savent être en couple.
Qui "savent". Comme si c'était une classe à laquelle j'avait échoué au lycée et qu'on m'avait dit : "Pardon, mademoiselle, vous êtes recalée en "vie de couple", vous ne comprenez ni la notion ni l'application du théorème du je t'aime".


Parce que moi, je ne sais pas être en couple. Je n'ai pas appris, et je ne sais toujours pas. Ce besoin, impérieux, d'établir une relation de couple, est donc venu avec le temps, avec Lui. Quand j'ai compris qu'être en couple, ce n'est pas simplement se tenir la main. Je n'aime pas tenir les mains des gens, de toute manière : c'est moite, c'est sale, c'est pas du tout mignon, quoi qu'on en dise. C'est juste, au même titre que les suçons, une pancarte "c'estàmoi" en néon multicolore. Mais lentement (parce que je vais souvent à reculons) j'ai appris à être câline, chose très peu naturelle chez moi. Je n'ai jamais sauté de joie dans les bras de quelqu'un. Par contre, j'aime ce bisou timide et maladroit posé sur une joue en remerciement, ou en signe d'affection. Je trouve ça attendrissant, quelqu'un de maladroit (surement parce que j'ose espérer qu'on me trouve, parfois, attendrissante). J'ai appris à apprécier ces silences quand on lit un livre, sur le canapé, et qu'on joue avec nos pieds sans vraiment y penser, avec un demi-sourire. Aller acheter des cadeaux de Noël ensembles. Échanger des cadeaux d'anniversaires. Se présenter des amis. Se disputer. Se reconquérir. Se réconcilier plus souvent qu'il ne faudrait. L'attente. L'impatience. Le manque. Les week-ends sous un plaid. Les "c'est un peu chez toi ici", qu'il dit et auquel on ne croit qu'à moitié et surtout, le très douloureux "on est amireux", qui confirme la prudence. Amis et amoureux. Mais surtout amis, si quelqu'un venait à demander.

Je suis passée par tous les stades du déni. Jusqu'à la renonciation. Douloureuse, elle aussi, mais nécessaire.

Je suis bouleversée par ces instants de complicités qui disparaissent si rapidement. Parce que du jour au lendemain, je n'ai plus rien eu. Et je jalouse ces filles qui savent être en couple. Chez qui c'est inné. Qui n'ont aucun problème à tomber amoureuse. Qui savent dire je t'aime sans calculer la moindre réaction possible, et qui ne restent jamais très longtemps célibataires. Je les jalouse, mais en même temps... je caresse avec tendresse et bienveillance l'amireuse relation que j'ai partagé fut un temps. Ce sera comme une jolie introduction à ma vie d'amoureuse.

J'aurais aimé qu'il m'apprenne, ceci-dit.
Premier changement.
Peur.


La Jalouse. 

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